En 1989, un programme pour le développement d’une flottille de pêche à caractère semi-industriel a été défini par le Territoire et l’État, comprenant une série de mesures et d’actions incitatives, par l’octroi d’aides financières, notamment à l’acquisition et à l’exploitation de navires de pêche. La recherche appliquée, la formation aux techniques modernes de pêche, l’organisation des circuits de commercialisation et la connaissance des marchés extérieurs en sont les principaux points d’application.
Du bonitier au poti marara
Le développement d’un mode de vie urbain, à Papeete d’abord, puis dans les îles, a nécessité la création d’un nouveau type de pêche et surtout d’un nouveau type de navire pouvant opérer dans les eaux côtières. D’où l’apparition du bonitier, dès la fin de la seconde guerre mondiale, petit navire qui tient son nom du poisson recherché, la bonite. On trouve ensuite le poti marara. Ces petites embarcations, destinées à la pêche de nuit aux poissons volants (marara), sont devenues de véritables navires de mer, équipés d’un moteur diésel interne puissant le plus souvent et d’une glacière pour la conservation des prises. Comme les bonitiers pratiquant une pêche à la journée, ils chassent le thon, le mahi-mahi et les différentes variétés d’espadon. Bien implantés dans les districts périphériques et dans les îles de la Société, les poti marara participent tout autant que les bonitiers à l’effort de pêche territoriale. De nombreuses subventions ont contribué à l’augmentation et à la modernisation de la flotte de bateaux de pêche traditionnelle et des équipements pour les pêcheurs tels que les chambres froides ou les machines à glace. En 2008, le Service de la Pêche recensait environ quarante-sept bonitiers et deux cent quatre vingt-onze poti marara en activité.
Les thoniers palangriers
Parmi la cinquantaine d’unités en service qui composent la flotte hauturière polynésienne, trente-cinq se consacrent à la pêche fraîche. Dans ce cadre, il s’agit de thoniers de taille moyenne, munis d'installations pour la pêche à la palangre mono filament et d’installations de congélation ou de conservation du poisson sur glace. Ils naviguent dans la zone économique des 200 milles de Polynésie française en effectuant des campagnes de pêche variant de 6 à 15 jours pour le frais et jusqu’à trois mois pour les congélateurs. Bien équipés, robustes, avec à son bord un équipage de cinq personnes minimum, ils constituent le gros de la flottille de pêche. Pratiquant uniquement la pêche à la palangre dérivante, ils débarquent les produits de leur campagne essentiellement au Port de pêche de Papeete.
Les thoniers congélateurs
Ce sont les poids lourds de la pêche locale. D’un déplacement de 180 à 200 tonnes en charge, les premiers thoniers congélateurs construits à Concarneau sont entrés en service en 1990. En 2007, on en comptait vingt-neuf. Très bien équipés pour la palangre, la pêche à la traîne du germon, munis d’un tunnel de congélation de viviers et de vastes cales à poisson (70m3), ces unités ont une grande autonomie, pouvant aller au-delà de la zone économique exclusive (ZEE), en particulier dans la zone sub-tropicale ou au nord-est des Marquises ainsi que dans les Quarantièmes, à la poursuite du thon germon.
Les marchés et les filières pêche
A partir des déclarations faites par les professionnels du secteur (hors plaisance), l’approvisionnement du marché local tourne autour de 11 000 tonnes de poisson dont 4600 tonnes pour la seule filière hauturière. Cet accroissement du nombre de prises nécessite plus que jamais de trouver de nouveaux débouchés à l’export. En 2008, la Polynésie française a exporté l’équivalent de 402 tonnes de poisson pour une valeur de 255 millions de Fcfp, principalement du thon frais à destination du marché japonais.
Le Port de pêche de Papeete
L’idée de créer un véritable port de pêche a vu le jour en 1985. Après de nombreuses études, le site de Fare Ute - dans le nord de la zone industrielle de Papeete - a été retenu en raison de la proximité de la ville et d’une passe d’accès, la passe du Taaone, large et sûre. Un premier ouvrage d’accostage long de 150 m a été terminé en 1992, puis complété par un ensemble de lignes de pontons flottants entre 1993 et 1995 permettant à la totalité des navires de haute mer de trouver des installations d’accostage. La tour à glace a été mise en service en 1994, ainsi que le Marché d’Intérêt Territorial (MIT) dont le centre de gravité reste le hall de criée, le tout étant géré par la Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers. Les trois partenaires intéressés par le secteur de la pêche, à savoir le Port Autonome, le Pays et la CCISM, ont uni leurs efforts pour établir un projet cohérent de port de pêche et une mise en œuvre adaptée au besoin de la profession.
La criée
Inspirée du principe de la criée des ports de pêche métropolitains, c’est une véritable vente aux enchères des prises qui ont lieu chaque matin en semaine. Les acheteurs sont les mareyeurs qui pratiquent la vente en gros du poisson et les négociants qui se tournent vers l’export.