Etat d’avancement du projet de port de pêche de Taiohae
Voici la réponse apportée jeudi 18 juin à l'assemblée par le ministre des ressources de la mer, Teva Rohfritsch, en réponse à une question orale posée par le représentant des Marquises, Benoît Kautai.
Monsieur le représentant,
Le développement d’un port de pêche aux Marquises est un projet qui a émergé il y a plus d’une dizaine d’années et qui a fait l’objet de plusieurs études, en particulier menées par le service de la Pêche. Un long serpent de mer en effet !
L’idée de départ était de baser des thoniers à Taiohae, puisque l’archipel marquisien, comme vous le soulevez à juste titre, est situé dans une zone de forte abondance en thon rouge mais également de reproduction…
L’exploitation de thoniers nécessite une logistique lourde, en particulier quand il s’agit de débarquer du poisson.
En 2004, une étude a même été menée sur la faisabilité économique de l’établissement d’une base de pêche à Taiohae, avec un centre d’avitaillement à Atuona. Les résultats de l’étude établissaient un volume commercialisable sur les Marquises de 600 tonnes par an et dressait la faisabilité du projet. 11 investisseurs avaient été identifiés à Nuku Hiva et Hiva Oa pour constituer une flottille de 11 petits thoniers de pêche fraîche.
Plusieurs sites de débarquement avait été étudiés (Taipivai, nouveau quai et ancien quai à Nuku Hiva et baie de Utuona) mais plusieurs contraintes techniques avaient été soulevées, et imposait au projet la construction d’une digue, d’un quai en bon état et l’investissement dans une grue de débarquement.
Au niveau de l’avitaillement des navires, 2 tours à glace avaient été identifiées, ainsi que 2 chambres froides négatives. Des problèmes d’alimentation en eau et électricité avaient été évoqués à l’époque. La main d’œuvre qualifiée pour les réparations des navires était également difficile à trouver.
Un centre de mareyage avait été dimensionné pour traiter 1200 à 1500 tonnes de poisson par an. D’une superficie de 450 m², l’investissement se montait à 420 MFCFP environ, pour un CA annuel de 690 MFCFP (60 emplois estimés). La partie de la production exportée vers Tahiti en frais pourrait être achetée aux bateaux aux alentours de 200 à 250 FCFP le kg (estimation de l’époque), tenant compte d’un fret aérien à 250 FCFP par kg à l’époque, ce qui représente donc un prix d’achat moins élevé que dans le cadre d’un débarquement à Tahiti.
En 2005, les résultats de l’étude avaient été restitués aux élus. Il leur avait été rappelé que cette étude partait du postulat qu’il fallait éviter les montages trop complexes et proposer un projet à budget limité si possible. Il avait donc été écarté les zones de débarquement pour lesquelles des infrastructures portuaires lourdes devaient être envisagées. Le choix du site de Taiohae comme lieu d’implantation du centre de mareyage avait été réitéré par les élus des Marquises. Ils avaient cependant demandé à ce que la zone de l’équipement soit privilégiée pour laisser le vieux quai à l’activité touristique.
En 2005, la seconde réunion de travail de l’action interministérielle sur le développement des archipels, concluait sur la pêche thonière aux Marquises :
« Le site retenu pour l’implantation des infrastructures principales du port de pêche est Taiohae. Le projet prévoyait l’implantation des installations sur le site du vieux quai, pour un coût de 420 MFCFP. Le maire de la commune souhaiterait implanter ces installations sur un autre lieu, dit « quai de l’équipement ». Le surcoût lié à ce second site serait considérable (digue de protection, aménagement du quai), 1,8 milliard de Fcfp. Ce surcoût paraît rédhibitoire. »
Aujourd’hui, fort de ces conclusions et dans l’attente de l’identification d’un site adéquat pour y établir une zone de débarquement, mes ambitions se tournent vers un projet plus modeste, et surtout réalisable à moyen terme, de base avancée à Taiohae et/ou à Atuona. Dans ce cas, les thoniers restent rattachés à leur port d’attache de Papeete et profitent de ces infrastructures pour se ravitailler et éventuellement débarquer une quote-part de production pour le marché marquisien. Bien entendu, nous pourrions baser quelques thoniers aux Marquises.
La notion de base avancée est définie par rapport à l’avitaillement des thoniers basés à Papeete. Une de mes priorités actuellement est d’améliorer la rentabilité de la flottille thonière et notamment en leur permettant de rejoindre des zones de pêche éloignées. L’objectif est d’optimiser leur stratégie d’exploitation en leur permettant de rallier leur port d’attache les cales pleines.
Aussi, bien que le projet de port de pêche ne soit pas abandonné, l’idée est de concentrer nos efforts à la réalisation d’infrastructures d’avitaillement en gasoil, en glace et en appâts.
Une étude de dimensionnement de ces infrastructures est programmée et devrait démarrer d’ici le mois d’août.
Mais je me propose de rencontrer les maires des Marquises lors de la prochaine réunion du Syndicat pour la Promotion des Communes. Un courrier a été adressé en ce sens au Président du SPC en vue de la réunion du mois d’août. Si vous le souhaitez, je suis disposé à organiser une réunion dans des délais plus rapprochés pour évoquer et ajuster ce projet..