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Au sujet de la démission du président de Tahiti Nui Rava'ai (25-06-2009)

En réponse à une question orale du représentant à l'assemblée de la Polynésie française, Edouard Fritch, portant sur la démission du président du CA de la SEM Tahiti Nui Rava'ai, le ministre des ressources de la mer, Teva Rohfritsch, a fourni une réponse étayée qui est de nature à rassurer la représentation territoriale.
Voici l'intégralité du texte lu jeudi matin 25 juin, dans l'hémicycle

Monsieur le représentant,

Vous m’avez saisi d’une question portant sur la démission de M. Joseph TEANOTOGA de son poste de président du conseil d’administration de Tahiti Nui Rava’ai et surtout sur des mensonges qu’il a tenus devant la presse. C’est tout naturellement, dans la plus grande transparence, que je vais tenter de vous répondre. Permettez-moi de vous remercier pour cette opportunité que vous m’offrez.

Je me plie d’autant plus facilement à cette exigence que M. TEANOTOGA a jugé opportun d’ouvrir une polémique, qui à mon sens n’a pas lieu d’être, au moment même où j’étais en mission à Paris et donc, dans l’incapacité de lui répondre. Je pense qu’il a perdu une occasion de se taire.

Mais puisque M. TEANOTOGA a souhaité médiatiser son départ, allons-y ! Quand bien même, à l’heure où nous parlons, je ne vois toujours pas quelle mouche, subitement, a piqué le patron de cette SEM au point d’aller jusqu’à porter de graves accusations publiques contre ma personne dans le cadre de mes fonctions ministérielles. La poule qui chante aurait-elle pondu un œuf ?

En préambule, permettez-moi de lever toute ambiguïté : M.TEANOTOGA a fait le choix de démissionner et il en porte, seul, la responsabilité. Il en a d’abord exprimé l’intention dès ma nomination puis oralement, à plusieurs reprises dans mon bureau, et ce n’est que quelques semaines plus tard qu’il a finalement adressé sa lettre de démission…dont plusieurs personnalités, certaines censées être étrangères à la gestion de la société, ont été destinataires.

Quelle déception m’a envahie après avoir fait le choix de lui donner toute ma confiance en dépit de ses relations personnelles et politiques avec d’autres hommes politiques dans un climat d’apaisement général dont notre pays a besoin.

Mais compte-tenu de votre question, il me paraît important de m’y arrêter quelques instants…pour rétablir la vérité. Permettez-moi d’en revenir aux faits.

Dans sa lettre datée du 29 mai 2009, d’ailleurs véritable plaidoyer, il m’impute la volonté de le faire démissionner :

- C’est un premier mensonge -
La démission est son choix personnel et des témoins privilégiés peuvent en attester.

Dans les faits, M. TEANOTOGA me reproche tout simplement de mettre en œuvre un schéma de financement conçu par lui et l’ancien ministre puis validé par le CA de TNR et par l’ancien Gouvernement en novembre 2008. C’est un comble ! Il affirme aujourd’hui le contraire.

- Et C’est un second mensonge -

Le budget primitif 2009 a pris en compte sa demande initiale d’avance en compte-courant et ceci a été voté par la majorité de l’époque. Pourquoi cette volte-face soudain de M. TEANOTOGA ? Pourquoi vouloir casser subitement ce qu’il a construit ? Parce Qu’on a changé de ministre ?

Enfin, car on ne veut pas perdre tous notre temps, M. TEANOTOGA déplore le fait de n’avoir pu tenir un conseil d’administration en quatre mois et m’en impute la faute.

- C’est un troisième mensonge -

Une séance du conseil a bien été programmée d’un commun accord en mai pour pouvoir inscrire à l’ordre du jour le bilan du RDV pris à la DGI pour exposer et défendre les dossiers de défiscalisation de TNR.

Vous savez quoi ? A trois jours de la tenue du CA, M. TEANOTOGA est venu me spécifier qu’il ne voulait plus d’ACC mais d’une subvention et tout de suite. N’ayant pas de chéquier public ni de pouvoir de décider à la place de notre assemblée, M. TEANOTOGA plaçait donc TNR dans une impasse et m’imposait de reporter le CA pour traiter ce retournement d’opinion imprévisible afin de proposer un dossier étayé en CA. Quel temps perdu en effet !

Dans la presse, M. TEANOTOGA s’est plaint de mon «interventionnisme». Il m’accuse « d’ingérence »… Cette critique de mon action est à géométrie variable. Mon « interventionnisme » ne m’a pas été reproché lorsque je suis allé, en personne, plaider à la direction générale des impôts, la levée de la procédure de retrait d’agrément et rétablir des liens de confiance avec nos partenaires parisiens. Quant lui-même n’a plus voulu venir à Paris à trois jours du départ (C’est une habitude…).

En tant que Ministre des ressources de la mer, je me suis totalement investi dans la mission qui m’a été confiée par le président Oscar TEMARU et notre majorité, à savoir : redresser deux filières sinistrées, la pêche-aquaculture et la perliculture.
Ne trouverait-on pas étrange que dans le cadre de mes fonctions, je me désintéresse de TNR ?
Soyons sérieux !

Mais, il est vrai chers amis que j’ai refusé que TNR soit une «chasse gardée». J’ai rejeté les tentatives d’hégémonie de M. TEANOTOGA sur le port. C’est peut-être ce qu’il ne me pardonne pas. Car j’ai dit STOP aux cumuls à tout va.

En effet, se rêvait-il patron d’un Grand armement en cours de construction à AVAI’A…, puis patron de la société de gestion du port (la demande a été faite) et tout à la fois, patron de l’organisation des producteurs. Je ne suis pas là pour cautionner un empereur de la pêche sur fonds publics !!!
Aurais-je alors brisé un rêve ou simplement dérangé des projets occultes ?
S’agit-il là des «différends» invoqués par M. TEANOTOGA ?
Si c’est ça, je persiste et signe. Les bateaux gérés par TNR et AVAI’A doivent à terme retourner dans le privé. Nous devons soutenir les initiatives privées pour que des Polynésiens puissent être armateurs, patrons-pêcheurs, capitaines de pêche, marins… et non pas des fonctionnaires de la mer.

Je considèrerai avoir rempli ma mission le jour où TNR n’aura plus besoin de gérer des bateaux en direct.
Mais jamais M. TEANOTOGA n’a osé m’affronter sur ces positions.
Il a préféré prétendre que je voulais le «salir» et pour préparer son départ, il a pris prétexte d’une convention qu’il devait signer avec M. TEMARU. Il n’en faut pas plus pour se voir tendre un micro. Quel scoop !

Ses insinuations laissent entendre qu’au sein de TNR je laisserais libre cours à des actions irrégulières, voire que j’encouragerais des manœuvres douteuses.
Je veux protester contre ces lâchetés qui créent le soupçon.

Mais parlons-en !

Je vais vous dire à qui a servi ce nuage de fumée. Il a servi à dissimuler un montage de M. TEANOTOGA que je vous laisserai qualifier vous-même, les exemples ne manquent pas en ce moment.

M. TEANOTOGA qui a feint de craindre d’être sali…ne s’est pas vanté de la situation à laquelle j’ai mis fin dès ma prise de fonction. Il occupait en effet deux fauteuils simultanément :
Un cumul pas très propre au regard de la loi me semble-t-il.

D’une part, celui de président du CA de TNR, occupé à temps plein et je cite à la page 3 de sa lettre : «Depuis ma nomination le 4 juillet 2008, j’ai œuvré sans relâche, sans compter mon énergie et mon temps, ni les jours fériés» (fin de citation) et « gratuitement » disait-il.
D’autre part, il occupait un poste de conseiller technique au précédent ministère de la pêche, celui-là laissé vide…mais bien rémunéré.

Je vous laisse apprécier cette situation :
Travailler pour X (la SEM), mais être rémunéré par Y (le Pays).
Moi j’ai dit NON !
Si on doit présider une SEM, on ne peut, en aucun cas, être rémunéré en cabinet. Ce n’est pas moi qui le dit mais la loi !

Et on ose me targuer d’ingérence ?! Quand le conseiller d’un ministre présidait une SEM ?
La chambre des comptes fera son travail. Une consultation juridique m’indique qu’un agent dans une telle situation pourrait se voir poursuivi du chef de « détournement de fonds publics ».

Mon travail est de tout faire pour redresser la filière. Une nouvelle équipe sera installée dans les prochains jours. La pêche n’a vraiment pas besoin de ce genre de polémiques stériles en ce moment. Il n’y aura pas d’empereur de la pêche payé sur fonds publics ! Pas sous mon ministère en tous cas !!!

Merci de votre attention.

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