Réunion des usagers du port de pêche: conclusion du ministre
Voici la conclusion du ministre des ressources de la mer, Teva Rohfritsch, extraite de l'allocution qu'il a prononcée, mardi 4 août, lors de la réunion des usagers du port de pêche de Papeete.
Bien avant notre première rencontre, j’ai pris la mesure de vos difficultés et croyez bien que c’est avec une détermination sans faille que j’entends, avec vous, remettre la filière pêche sur les rails de la prospérité.
Je dis bien AVEC VOUS, car vous avez compris que plus que de moyens financiers (de plus en plus rares…) votre filière a besoin de réorganisation, de discipline.
Et les mesures à prendre doivent, pour réussir, recueillir l’assentiment de la majorité d’entre vous.
Dans les moments difficiles que nous traversons, nous devons tendre toutes nos énergies vers le seul but commun : rendre la filière rentable pour tous.
Ainsi, c’est afin de ne pas disperser nos forces que j’ai été conduit à changer l’équipe dirigeante de Tahiti Nui Rava’ai.
Je salue, parmi les armateurs, la présence du président du conseil d’administration, monsieur Victor MAAMAATUAIAHUTAPU, et celle du nouveau président directeur général, monsieur Jean-Louis COURBON. L’un et l’autre partagent une de mes convictions fortes : Le Pays n’a pas vocation à demeurer l’armateur principal.
La flottille de thoniers, une fois réparés et prêts à naviguer, doit être remise entre les mains des entrepreneurs privés.
Nous devons cesser de perdre notre temps et notre énergie dans nos relations internes.
Ainsi, pour que les situations conflictuelles s’estompent, j’entends remettre de la rationalité et un peu de moralisation dans les rapports nécessaires entre tous les intervenants du Port de Pêche.
C’est ma deuxième conviction.
Et pour ce faire, j’attends beaucoup des cabinets d’audit externe et des grands professionnels qui acceptent de se pencher sur notre organisation.
Ils vous rencontreront. Je vous demande de prendre sur votre temps pour leur exposer vos difficultés, vos espoirs, votre vision.
Enfin, c’est sur un véritable contrat de confiance réciproque - je dois avoir confiance en vous, comme vous devez avoir confiance en moi - que nous bâtirons la réussite du plan de sauvetage de la Pêche.
C’est ma troisième conviction.
En résumé : - une flottille privée organisée ; - des relations rationnelles et ordonnées entre les acteurs du Port de Pêche ; - un contrat de confiance réciproque. Voilà les ingrédients qui conduiront nos entreprises à la rentabilité.
La pêche, qu’elle soit hauturière, côtière ou lagonaire, est une activité dangereuse, épuisante, inconfortable, exercée par des hommes courageux, épris de liberté, passionnés par leur métier.
Elle doit pouvoir nourrir ceux qui la pratiquent, les équipages, les capitaines et les armateurs, à la mesure des risques et des sacrifices qu’ils consentent.
En outre, elle doit permettre, en aval, à des opérateurs imaginatifs et audacieux de construire des activités rentables, que celles-ci intéressent le traitement, la transformation ou le négoce du poisson, ou qu’elles aient trait à tous types de prestations liées à la formation aux métiers de la mer, à l’entretien des navires avec tous les corps de métiers concernés…
La mer peut faire vivre des centaines, voir quelques milliers de Polynésiens.
Il nous faut construire méthodiquement cette filière.
La « mer source de richesse ». Voilà le slogan auquel nous devons, ensemble, donner vie.