Bien que loin derrière le tourisme, la perliculture représente la deuxième activité économique créatrice de richesses pour le Pays, avec la particularité qu’elle contribue largement au maintien des populations dans les archipels éloignés.
Après des années d’euphorie, le secteur connaît aujourd’hui une crise sans précédent qui a pour origine la surproduction et un manque de maîtrise de la commercialisation. Résultat : les recettes à l’export ont chuté de 21% en 2008 pour totaliser 8,5 milliards de Fcfp. Alors que le volume des perles vendues sur les marchés extérieurs a bondi de 19,5% l’an passé, dans un même temps, le prix au gramme s’est effondré à 588 Fcfp en décembre 2008 contre 1529 Fcfp en mars de la même année (1).
Par ailleurs, la suspension à compter du 1er octobre 2008 du Droit spécifique sur la perle à l’export (DSPE), bien que réclamée par nombre de professionnels, a eu pour effet négatif de stopper net toutes les actions inhérentes à la promotion du joyau polynésien. C’est dans ce contexte particulièrement difficile que le ministre, Teva Rohfritsch, s’est vu confier le portefeuille des ressources de la mer (dont la perliculture) à partir du mois de février 2009. (1) Source : Te Avei’a (note de conjoncture, 4ème trimestre)
UN RÔLE SOCIAL
Les Tuamotu-Gambier représentent environ 92 % (1,2 million d’hectares) de la surface lagonaire du Pays. Avec ses atolls gorgés de nacres, constituant autant de bassins d’élevage, il était normal que la perliculture y soit une des activités principales. L’activité perlière occupe actuellement 3 % des lagons des 27 îles perlières. Les impacts de l’activité perlière sont observés au niveau économique, social et environnemental. De 1971 à 1997, la population de l’archipel qui n’avait cessé de régresser, double et passe de 8 226 à 16 370 habitants. En matière de revenus, les années fastes de la perle ont vu le niveau de vie des îliens décuplé. Ainsi, en fournissant des emplois et des revenus, la perliculture a favorisé le repeuplement des îles, le plus souvent avec des jeunes. De façon indirecte, elle a fortement contribué au désenclavement des Tuamotu par l’installation d’une population de manière stable qui a entraîné l’amélioration du réseau de transports et le développement des structures scolaires.
DES EMPLOIS
Le secteur génère des emplois directs qui sont occupés principalement par les manœuvres. Ensuite viennent les plongeurs puis les gérants. Dans les fermes familiales ou de petite taille (80 % des fermes), les postes sont tenus par la même personne. La part des activités de production perlière représente 86 % des emplois du secteur, 14% étant détenue par les activités dérivées (négociants, joailliers, bijoutiers, artisans).
Comme le montrent ces chiffres, tant en termes de devises que d’emplois, la perliculture est un des piliers de l’économie polynésienne. A l’étranger, la perle de culture de Tahiti est maintenant incontestablement associée à la Polynésie française.